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Veille de marché : Roederer décode les sujets brûlants du marché de l'assurance de biens français

Veille de marché RIS

À cette mi-année, le marché français connaît deux points majeurs qu’il nous appartient de faire connaître à nos partenaires internationaux, car ils créent des enjeux importants pour vos clients présents sur notre territoire. On décrypte :

QBE se retire du marché décennal en France 

En France, toute entreprise intervenant à un acte de construction en tant que locataire d’ouvrage (entreprise intervenante), que sa prestation soit matérielle ou intellectuelle, est soumise à l’obligation de s’assurer en décennale.

Cette obligation, créée par la loi Spinetta, vise à protéger le maître d’ouvrage des défauts pouvant toucher son bâtiment, à savoir :

  • Les désordres susceptibles d’entraîner une impropriété à destination,
  • Les désordres atteignant la solidité de l’ouvrage.

Cette assurance doit être souscrite à la date d’ouverture de chantier et pourra être activée pendant 10 ans après la réception de l’ouvrage (à savoir : le transfert de propriété du constructeur au maître d’ouvrage). Elle se transmet aux acquéreurs successifs en cas de transmission ou de vente d’un bâtiment.

Ce modèle d’assurance, imposé par le Code Civil est régit par un système de capitalisation, la prime encaissée l’année de l’ouverture du chantier servant à payer tous les sinistres qui surviendraient pendant les 10 années concernées par la garantie.

Le marché global de l’assurance décennale en France représente selon la Fédération Française de l’Assurance 10 à 15% du marché de l’assurance construction et environ 600 000 polices actives.

Les raisons du retrait

Tous les assureurs exerçant sur le marché français ne proposent pas ce type d’assurance par capitalisation et QBE représente environ 5.7% des parts de marché de ce secteur, soit environ 220 millions de de primes selon l’Argus de l’Assurance. Ce retrait signifie pour la compagnie QBE la résiliation de près de la moitié des primes brutes émises par la compagnie en France.

Le souhait de l’assureur étant de se concentrer sur les risques émergents, la prévention et l’accompagnement des entreprises à l’international et les segments à fort niveau de service selon Delphine Leroy, la Directrice Générale France.

Cette décision engendrera un plan social de licenciement d’environ 30 personnes.

Un marché déjà fragilisé

D’un point de vue plus large, les assureurs en décennale sont actuellement touchés par une augmentation des coûts de la construction et une augmentation des sinistres, remettant en cause leur modèle.

Nous estimons que ce retrait viendra perturber fortement notre marché, évoluant d’ores et déjà dans un contexte tendu où MMA, assureur important dans le domaine, s’était déjà retiré il y a deux ans, créant des problématiques importantes de replacement des risques mais aussi des situations dans lesquelles les entreprises ne retrouvaient pas de solutions d’assurance pérennes.

Notre conseil est donc d’anticiper au maximum les renouvellements des contrats en décennale et de s’entourer des spécialistes dans le placement de ces risques.

Avec notre équipe dédiée sur le sujet, nous préparons activement ce point et sommes au service de nos clients et prospects pour négocier les renouvellements et les placements des risques.

Le marché du Cyber en France : une concurrence accrue des assureurs 

La dernière étude du risque Cyber, LUCY effectuée chaque année par l’AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise, association professionnelle de référence pour les métiers du risque et de l’assurance en entreprise en France) est disponible et nous permet de confirmer notre décryptage du marché de l’assurance Cyber en France.

Cette étude nous permet de constater plusieurs tendances de notre marché :

  • Le volume des sinistres payés par les assureurs Cyber en France est en hausse, passant de 55 millions d’euros en 2024 à 83 millions d’euros en 2025 (+ 53%) pour un nombre de sinistres évoluant à 1 251 contre 448 (+179 %) ; les entreprises de taille intermédiaire étant les plus touchées ; le ratio sinistre à prime se retrouve donc en hausse en 2025 faisant passer le ratio de 17 à 22% (contre 190% en 2020 pour mémoire),
  • En parallèle, le nombre d’entreprises couvertes en risque Cyber augmente, particulièrement sur le marché des entreprises de taille intermédiaire (de 1 145 à 2 002 soit +75 %), les plus petites entreprises de taille intermédiaire ayant beaucoup souscrit ces contrats avec des capacités moins importantes,
  • On constate un affaissement du marché des taux de primes et franchises pratiquées démontrant un marché très soft. Ainsi, les grandes entreprises ont vu leur taux baisser en moyenne de 32% avec une augmentation parallèle de leur capacité de +18% et un abaissement des franchises de 21%. Du côté des entreprises de taille intermédiaire, les taux s’effondrent de 23% et de 17% des franchises contre une légère baisse des capacités du fait de l’arrivée massive de nouvelles entreprises assurées.

Ces constats confirment ce que nous constatons au quotidien sur le terrain : le marché très soft en risque Cyber est enclenché en France.

Ce phénomène s’explique sur notre territoire par l’entrée de nouveaux acteurs comme des Insurtech (STOIK, DATTAK) ou encore la création de nombreux MGA dans le domaine, donnant lieu à une soudaine augmentation des capacités.

Nous recommandons donc très fortement de remettre en concurrence ces polices pour les polices souscrites en France afin de faire bénéficier à nos clients de cette tendance de marché.

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Céline GOGNIAT SCHMIDLIN

cschmidlin@roederer.fr